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01/03/2010
Le cas de la copropriété en Rhône-Alpes

Les associations PACT travaillent aux cotés des collectivités publiques pour mettre en œuvre un projet global d’amélioration des copropriétés (social, urbain, énergétique…). Elles ouvrent des pistes d’action en matière de maîtrise des consommations énergétiques, composante majeure d’une réhabilitation durable.


"Réhabiliter les copropriétés dans une perspective de développement durable"
Par Delphine Agier, responsable du pôle urbanisme et habitat au PACT et Arim du Rhône
 

                      Découvrir le colloque sur les copropriétés à Lyon le 23 mars 2010


D'après l'Observatoire des Zus (Zones urbaines sensibles), le taux de logement locatif social dans les Zus en Rhône-Alpes est d’environ 60 %. Les 40 % restant sont donc des logements privés, individuels ou collectifs. La copropriété est donc bien présente dans les quartiers prioritaires et parfois même prépondérante...

C’est le cas du quartier Terraillon à Bron qui rassemble près de 1 500 logements en copropriété privée, ou la Zus centre-ville de Saint-Priest qui en compte plus de 1 000. Les copropriétés apportent à l’échelle du quartier une mixité de statuts (propriétaires occupants, locataires du parc privé) et de populations (niveaux de ressources, catégories socio-professionnelles…). On trouve à la fois des jeunes ménages accédant à la propriété et des retraités présents depuis plus de vingt ans, des ménages très modestes et d’autres un peu moins…


UN SAUT QUALITATIF RECENT

Datant pour une grande partie d’avant 1975, les copropriétés privées des quartiers prioritaires constituent un enjeu majeur en terme d’économies d’énergie, car elles sont assez souvent dotées de chauffage collectif ou raccordées à des systèmes de chauffage urbain.

Les projets de ces dernières années marquent une nette avancée qualitative dans l’approche énergétique. Les copropriétaires sont de plus en plus sensibilisés aux enjeux environnementaux, même si le chemin à parcourir reste important et que la maturation des projets prend du temps.

En copropriété, seule l’assemblée générale des copropriétaires décide des projets. Or, chaque propriétaire n’a pas les mêmes capacités financières, le même âge, le même désir de rester ou non…
La première étape est un état des lieux partagé.
Il est d’une part technique (thermique, sécurité des équipements, accessibilité des parties communes) mais il s’agit aussi de mettre à plat les volontés et capacités des copropriétaires. Ensuite la copropriété peut étudier un projet « idéal », en essayant d’aller le plus loin possible dans le traitement des points repérés.
Enfin, il s’agit de rechercher les solutions pour rendre un projet réalisable : financements divers, phasage, expertises, etc.



LES LEVIERS D’UNE REHABILITATION DURABLE

En Rhône-Alpes, les politiques publiques agissent depuis longtemps dans les copropriétés privées. Des projets ambitieux sur le plan énergétique sont en cours à Grenoble, Lyon (la Duchère), Vénissieux, Saint-Chamond… et de nombreux autres projets sont en montage.

Connaisseurs des spécificités des copropriétés dans les quartiers d’habitat social, les PACT identifient quatre éléments favorisant la réhabilitation durable des copropriétés :


Enfin, l’intervention préventive, où une vraie capacité d’agir de la copropriété existe encore, est toujours moins coûteuse que l’intervention curative.


L’ENJEU SOCIAL DU DEVELOPPEMENT DURABLE

En conclusion, des outils sont actuellement mobilisés par les collectivités locales et l’Agence Nationale de l’Habitat (Anah) pour des opérations faisant l’objet de programmes ciblés sur des copropriétés fragilisées. Pour une généralisation de la réhabilitation durable des copropriétés, les moyens financiers restent à trouver.

Il est souhaitable que les quartiers prioritaires soient les premiers destinataires de cette réhabilitation durable de l’habitat, car cela contribue à la réduction des écarts entre territoires fragiles et territoires valorisés. Dans le cas contraire, on peut craindre un renforcement des inégalités territoriales.

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