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Logements accompagnés : des moyens à la hauteur des ambitions ?


Action Archives
23/02/2009

Logements accompagnés: des moyens à la hauteur des ambitions ?

La production et la gestion de logements d’insertion fait partie intégrante du projet social du Mouvement PACT. Face à la montée des précarités et à la crise structurelle du logement, le développement de l’offre de logement accompagné est un enjeu de taille.

Sous cette appellation, on regroupe généralement des dispositifs qui visent, à plus ou moins long terme à réintégrer des personnes fragiles dans un parcours logement autonome en facilitant ainsi l’insertion sociale de personnes ou de familles. Le logement accompagné est ainsi un sas qui comble un manque entre le logement d’urgence et le logement indépendant. Parmi ces dispositifs, les maisons relais et les résidences sociales sont des paliers que le Mouvement PACT met en place et développe, souvent en partenariat, pour loger et accompagner les plus fragiles.

Ainsi à Tours, le PACT d’Indre et Loire, dans le cadre de la Sci Ficosil, gère une Maison relais, « la Bazoche » située en plein secteur sauvegardé. Son implantation contribue à l’insertion sociale des personnes mais aussi à leur intégration dans le quartier et dans la ville. Toutefois, confronté à des difficultés, administratives, techniques et financières, ce projet a mis huit années à voir le jour.

En Seine-Saint-Denis, le PACT développe depuis plusieurs années un réseau de résidences sociales, qui doit notamment son succès à un solide partenariat local. Toutefois, la crise du logement et un marché immobilier tendu ne facilitent pas le retour des familles dans un logement autonome classique. Par ailleurs, l’équilibre financier de ces structures pose la question de leur fonctionnement dans de bonnes conditions.

L’un comme l’autre de ces dispositifs jouissent aujourd’hui d’une vraie reconnaissance et le rôle qu’ils tiennent dans la chaîne du logement est reconnu. Pourtant, en regard des besoins, les capacités d’accueil restent encore limitées. Le montage financier de ces opérations est très souvent complexe et les moyens ne sont pas toujours à la hauteur des ambitions qu’on leur assigne. Si le dispositif des maisons relais a été sensiblement amélioré en 2008, suite au Rapport Pinte  sur « l’hébergement et l’hébergement d’urgence et le logement des personnes sans abri ou  mal logées » et à la mobilisation des réseaux d’associations, le financement de l’investissement des résidences sociales reste lui à améliorer.

De même, la sécurisation des missions de gestion et l’accompagnement, indispensable pour la réussite de projets de résidence sociale, n’est pas toujours assurée. Comment, alors, envisager des actions dans la durée si les dispositifs ne sont pas pérennisés  ? Comment stabiliser ces actions, à moyen et long terme mais aussi les développer ? Comment répondre ainsi, dans ce contexte, à la demande croissante et aux objectifs du gouvernement ?

«La Bazoche»  à Tours :  un lieu de vie pour les personnes fragilisées

la gestion est assurée par la FICOSIL, filiale du PACT. Ce projet est né de la réflexion menée par différents acteurs impliqués dans des institutions sociales tourangelles et travaillant auprès de publics fragilisés. Inaugurée en décembre 2008, cette maison accueille 14 personnes, à qui un accompagnement social spécifique est proposé, pour une durée aussi longue que les résidents le souhaitent. L’objectif est de leur donner les moyens de se reconstruire, de reprendre confiance et de redémarrer une vie autonome.

Placée en plein cœur de Tours, «La Bazoche» jouit d’une situation idéale en terme d’implantation et d’insertion dans la ville. Toutefois, la mise en oeuvre de ce projet, initié en 2001, ne s’est pas faite sans difficulté. La situation du site en secteur sauvegardé présentait de fortes contraintes architectures, administratives et financières qui ont généré des délais et des surcoûts importants. Huit années séparent la conception du projet, la vente de la parcelle de 1200 m2 à l’OPAC de Tours, par une congrégation religieuse, et son inauguration.

Sur le plan opérationnel, le projet s’est construit autour de trois acteurs : l’OPAC de Tours qui a assuré la maîtrise d’ouvrage de l’opération, la Ficosil, gestionnaire de la maison relais et l’architecte, Bernard Penneron, qui a assuré la maîtrise d’oeuvre. Plusieurs partenaires financiers ont été impliqués dans ce projet parmi lesquels : l’Etat, le Conseil Général, la ville de TOURS, le CIL d’Indre et Loire, ainsi que le Fondation Abbé Pierre.

Au niveau de la gestion, l’originalité du projet « la Bazoche » repose sur une démarche participative qui a permis de définir les objectifs et modalités des prestations d’accueil et d’accompagnement. Ainsi, un « contrat d’accompagnement » est signé avec les locataires. Pour chaque résident, un référent extérieur est également désigné pour assurer le lien avec les hôtes.

La Maison relais s’adresse à des personnes qui ont connu un parcours souvent difficile (rue, hébergement d’urgence, CHRS) avec parfois des problématiques personnelles lourdes (santé, perte d’autonomie, toxicomanie…) mais compatibles avec la vie collective.

Les règles de vie sont régies par un règlement intérieur. Plusieurs espaces communs sont mis à la disposition des résidents (salon, cuisine, atelier d’activités, buanderie…) pour favoriser la vie sociale. Un repas quotidien est préparé et partagé par tous les résidents. La structure mise aussi sur le dialogue et sur l’insertion dans la vie du quartier, notamment à travers la participation à des activités culturelles ou sportives.

Contact : Delphine PICARD - PACT d’Indre –et-Loire
0Tel: 6 16 72 30 50
Mel: dpicard@ficosil.fr


Les Résidences sociales en Saint-St-Denis : une étape dans le parcours résidentiel

Le PACT de Seine-Saint-Denis développe depuis une quinzaine d’années, le concept de résidence sociale qui propose des logements pour une durée transitoire et intègre un projet social. Objectif défini avec les partenaires locaux : permettre la réinsertion économique et sociale des personnes accueillies et in fine, leur relogement dans le parc social privé ou public.

L’association gère aujourd’hui cinq établissements propriété de Logicil qui représentent 228 ménages accueillis : la gestion est de plus en plus complexe. L’attribution des logements se fait de manière concertée avec la Ville, le Conseil général, la Préfecture et le PACT en commission d’attribution. Le nouveau résident, signe à la fois un contrat d’hébergement et un contrat d’accompagnement social, d’une durée d’un an renouvelable une fois. Chaque résidence compte une quarantaine de logements meublés et adaptés à la vie familiale, des espaces extérieurs quand cela est possible, des espaces collectifs et des lieux de fonctionnement : loge du gardien, bureau des travailleurs sociaux, etc. Au cœur de ce lieu de vie à dimension humaine : la famille.

Actions collectives et travail individuel se combinent pour aider le résident à retrouver une vie sociale et une situation lui permettant de prétendre à un logement de droit commun : deux travailleurs sociaux dans chaque résidence assurent un suivi très régulier pour l’accompagner aussi bien dans la gestion de son logement, la stabilisation de sa situation financière, sa recherche d’emploi, sa mise à jour administrative… Le travail avec un large réseau de partenaires est la règle pour répondre à la diversité des situations.

Au cours de l’année 2008, les cinq résidences sociales ainsi que le site Guyard Delalain d’Aubervilliers ont pu accueillir 53 nouveaux ménages et en reloger 67. De fait, l’une des principales difficultés que rencontre le gestionnaire est la faiblesse de l’offre de logement, notamment pour les grandes familles. Cette pénurie de logements  bloque la sortie de certains résidents prêts à entrer dans un habitat de droit commun, un logement social en particulier.

Autre difficulté majeure : l’équilibre économique des résidences sociales. Les dirigeants du PACT le constatent : “s’il s’agit d’un mode d’habitat toujours très pertinent dans le contexte actuel, il est onéreux. La résidence sociale implique deux travailleurs sociaux, pour assurer la qualité du projet, et un gardien à plein-temps pour chaque résidence ainsi qu’une gestionnaire pour les cinq établissements. De ce fait, les coûts de fonctionnement sont élevés”. 

Contact : Véronique Berrien, PACT de Seine-Saint-Denis Tel : 01 49 88 46 80



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