La Fédération des PACT a organisé le 25 juin à Paris en première partie de son assemblée générale annuelle une table ronde débat sur la mise en œuvre du «plan bâtiment Grenelle». Occasion de rappeler les initiatives prises par le Mouvement depuis le Grenelle de l’environnement d’octobre 2007 et nombre d’activités en faveur de la rénovation énergétique de l’habitat et du développement durable: prise en compte de l’impératif du développement durable comme l’un des 4 défis du Mouvement, initiatives et actions exemplaires des associations et unions régionales PACT: constitution de centres ressources, animation de 21 espaces info énergie, sensibilisation des partenaires(1).
Passer de l’expérimentation aux opérations «ordinaires» de rénovation énergétique
Deux opérations pour des propriétaires bailleurs, par le PACT Cantal sur une maison individuelle à Aurillac, et par le PACT d’Indre-et-Loire sur un immeuble collectif à Chinon, ont démontré que des opérations réalistes étaient possibles permettant d’atteindre les performances énergétiques requises, avec un niveau d’investissement acceptable par le bailleur et un coût global loyer + charges favorable pour le locataire. La table ronde qui a suivi a notamment porté sur les conditions de la multiplication et la banalisation de telles opérations, les moyens, le calendrier.
L’ensemble des acteurs amenés à revoir leurs pratiquesA l’invitation du président Cavallier, se sont tour à tour exprimés Mme Baïetto-Beysson, directrice générale de l’ANAH, M. Dimitripoulos, animateur du Réseau Rappel de lutte contre la précarité énergétique, M. Gatier, directeur de la mission Bâtiment Grenelle du ministère en charge du développement durable (2), M. Maugard, ancien président du CSTB, et M. Douillard, conseiller auprès du président de l’Ademe.
M. Maugard a constaté que les évolutions étaient plus rapides que prévues et que même si la tâche est immense, la durée du bien logement et la hausse inéluctable du coût de l’énergie invitent à « partir gagnant dans ce match ». Un match, mais aussi un « marathon » a ajouté M. Gatier, rappelant que les exigences d’économies d’énergie et de réduction des rejets de gaz à effet de serre entrent dans un calendrier précis (3). Mme Baïetto a rappelé la campagne de « l’éco subvention » qui vient d’être lancée en direction des propriétaires occupants modestes. M. Dimitripoulos a situé le phénomène de la précarité énergétique touchant 4 à 5 millions de foyers en France (4) et souligné la nécessité de faire communiquer les mondes professionnels (techniques, sociaux,..). M. Douillard a indiqué qu’après une période largement axée sur les bâtiments, l’Ademe se penche plus avant sur la dimension territoriale (5).
Les intervenants ont souligné le rôle clé des PACT face à ce défi, rôle qui renforce leur positionnement d’intérêt général et d’action en direction des populations en difficulté, et met en exergue leur connaissances des territoires. Car, comme l’a souligné M. Maugard, le passage de l’échelle du bâtiment à celle du territoire amène à jeter un regard nouveau sur sur la ville ancienne, lieux naturels de la mixité et des circulations douces
(1) mais aussi la participation aux programmes Prebat et PUCA, l’animation de 3 des 4 PIG précarité énergétique lancés par l’ANAH et plus largement inclusion de volets énergie dans les programmes territorialisés, le lancement d’une offre de formation des professionnels PACT sur tous les métiers,…
(2) le plan bâtiment Grenelle est présidé par M. Philippe Pelletier
(3) réglementation thermique concernant les énergies, « facteur 2 » d’ici 2020 et « facteur 4 » d’ici 2050 pour les gaz à effets de serre
(4) en se basant sur une proportion de dépenses énergétiques du logement au moins égale à 10% du revenu
(5) à noter que le dernier n° « Ademe & vous » titre sur « l’environnement au cœur du projet urbain » (n°26 juin 2009)